Purin d'Ortie et Cie - Etape n°7 - Les plants de demain Les plants de demain

7 ème étape : Purin d'Ortie et Cie

Comment et pourquoi ?

Ces 6 premières étapes riches en enseignement ont mis en lumière plusieurs éléments importants à gérer en maraîchage : l’ergonomie au travail, l’implantation bioclimatique de la ferme, la gestion des adventices et bien d’autres.

Néanmoins, la gestion des maladies et des ravageurs s’est révélée être l’une des problématiques majeure dans la gestion de sa production.

Il nous a semblé intéressant de rencontrer des acteurs travaillant sur ce point en particulier. Des personnes pouvant nous apporter des réponses sur l’origine de ces attaques, sur des solutions durables et intéressantes à mettre en oeuvre. 

Notre regard s’est porté  sur la phytothérapie (étymologiquement : phytos = plantes / therapeuo = soigner) agricole. En effectuant quelques recherches, nous avons découvert les travaux d’Eric Petiot et l’entreprise de Patrick Goater spécialisée dans ce domaine depuis 7 ans.

On vous emmène à Quemper Guézennec pour notre 7e étape !

“Ou en étions nous ”

Après un mois de travail aux plaisirs du jardin à Cergy en tant qu’ouvrier agricole, nous quittons notre statut de salarié pour retrouver la vie de wwoofer cette fois-ci en Bretagne.

Tout juste arrivé dans les Côtes-d’Armor, une nouvelle tombe, nous sommes sélectionnés  par la banque postale pour un concours finançant la moitié de notre levée de fond. À ce moment-là, nous savons qu’il faudra allier travail sur le terrain la journée, campagne de communication le soir et bien sûr trouver un peu de temps pour se balader sur les anciennes Côtes-du-Nord.

 

La Ferme du Beauvoyer

Quelques chiffres

Cette période de plein travail débute par la préparation des tisanes à partir de décembre. La récolte démarre juste avant le printemps pour s’achever en début d’été, soit de mi-mars à mi-juillet  . C’est à cette période que les plantes sont en phase de croissance et donc riches en substances actives.

La commercialisation des produits de l’année précédente doit quant à elle doit être gérée de mi-février à mi-mai. 

Futs de 500 litres (capacité maximum), nommés au nom de dieux ou divinités hindou

-40 000 litres d’extrait fermenté

-15 000 litre de décoction & tisane

Patrick Goater

Après 20 années de vente de produits artisanaux provenant du nord de l’Afrique et d’Inde suite à ses nombreux voyages, Patrick Goater créé « Purin d’Ortie et Cie » en 2010. Cette entreprise est spécialisée dans la production d’extraits fermentés dans les Côtes-d’Armor. 

En France, Eric Petiot, chercheur en biochimie et en ethno-pharmacologie est l’un des spécialistes du soin des plantes par les plantes. Il a d’ailleurs co-écrit l’ouvrage « Purin d’Ortie et Cie ».

Après une formation dispensée par Eric Petiot, Patrick lui propose de commercialiser les produits de phytothérapie agricoles présentés dans ses précédents livres.

C’est ainsi que depuis 7 ans, Patrick Goater en collaboration avec Eric Petiot confectionne des extraits fermentés d’orties, de fougères, de laminaires et bien d’autres pour les maraîchers, les viticulteurs et les céréaliers français.

Il conseille l’ensemble des agriculteurs qui veulent intégrer dans leur modèle de fonctionnement l’amélioration de leurs cultures et de leurs sols grâce aux propriétés méconnues de la phytothérapie agricole.

Description du lieu

 

 

Patrick Goater produit ses extraits fermentés à son domicile, dans une commune située dans les Côtes-d’Armor, entre Paimpol et Guingamp. Bien que la production annuelle s’élève à 55 000 litres , avec un rythme de travail soutenu 4 mois dans l’année,  ce lieu a su garder une atmosphère harmonieuse et apaisante. Les parterres de fleurs y sont denses et d’un vert chlorophylle éclatant, si caractéristique à la Bretagne. 

 

jardin_purind'ortie

Interview

Au travail !

Avant de commencer la description de l’activité de Patrick, il est important de comprendre la démarche dans laquelle est engagée son entreprise.

Actuellement, le modèle agricole chimique utilise le sol comme un substrat, un support. Cette vision utilitariste du sol a appauvri son taux en matière organique, sa concentration en microorganismes et a affaibli la stabilité de sa structure physique. À la suite de 20 années de travaux, Eric Petiot a étudié les extraits fermentés à base de plantes telles que la consoude, l’ortie, la prêle, la laminaire, la luzerne et bien d’autres permettant de rendre progressivement au sol des propriétés favorables pour le développement de végétaux.

Concrètement, les produits de Purin d’Ortie et Cie conçus par Eric Petiot et Patrick Goater ont pour objectif d’augmenter l’activité microbienne des sols et de rendre des conditions de pH/redox optimales pour les végétaux, c’est ce qui est appelé le « domaine de santé » de la plante.

A l’aide des études de la bioélectronique de Vincent, un diagramme met en avant ce« domaine de santé ».

Le diagramme de la bio électronique de Vincent

Les résultats des études sur le sujet est qu’en dehors de ce domaine de santé, les plantes attirent les maladies et les ravageurs car elles sont dans un environnement les rendant plus vulnérables. Or les maladies/ravageurs sont attirés par des proies plus faibles pour mener à terme leur développement. Ces plantes peuvent être repérées par des ravageurs jusqu’à 30 km ! (Source : L’agriculture énergétique, Eric Petiot, 2014 ; Travaux de Patrick Goater)

Pour toutes informations supplémentaires sur l’utilisation de ces produits, nous vous invitons à contacter directement Purin d’Ortie et Cie

Dans la suite de l’article, nous présenterons les extraits fermentés et autres produits fabriqués par Patrick Goater ainsi que leurs propriétés et leurs actions sur la vie du sol et de la plante.

I - Les amendements de résistance

Les amendements représentent les apports effectués afin de donner les éléments nutritifs nécessaires au développement des plantes. Par développement, il est sous-entendu leur croissance, leur floraison, leur fructification et la constitution de leurs défenses naturelles (rendu possible grâce aux protéines)

Les engrais qu’ils soient organiques ou minéraux ont le rôle de fertilisant, c’est-à-dire apporter des éléments indispensables (N,P,K …) aux végétaux plus ou moins rapidement.

Selon l’origine de la matière première, on distingue donc des engrais organiques et minéraux.

Les engrais minéraux, peuvent être produits à partir de roche volcanique, sédimentaires ou par synthèse chimique ou par transformations industrielles. Ce type d’engrais est en général fortement concentré, composé de molécules spécifiques et simples, relativement soluble et disponible (diminution de la disponibilité par enrobage des engrais) avec un faible impact sur l’activité microbienne.

Les engrais organiques proviennent quant à eux de la transformation de déchets  végétaux ou animaux. Leur composition est plus complexe (éléments majeurs, secondaires et oligo-éléments). Le caractère insoluble de ses molécules lui confère un faible potentiel de lixiviation tout en restant PEU disponible par les végétaux au court terme (dépend de la maturation de la matière organique utilisée).

Bien sûr ces explications restent générales, pour plus d’informations sur les engrais n’hésitez pas à consulter le moodle sur la fertilisation raisonnée et biogéochimique de l’école nationale supérieure agronomique de Toulouse.

Afin de donner aux sols les éléments constituant un environnement optimal pour les plantes, Purin d’Ortie et Cie préconise à la suite d’un engrais vert (cf. Article de la ferme du Beauvoyer) d’épandre de la fumure de poule, engrais organique apportant l’azote nécessaire aux cultures.

A une température extérieure inférieure à 12°C, les amendements sont dits de résistance. L’azote apporté via cette fumure de poule est décomposé à 95% en azote protéique (donc riche en protéines) et à 5% en azote soluble. Les proportions sont inversées lorsque la température est supérieure à 12°C.

L’azote protéique stimule la synthèse des défenses naturelles de la plante grâce à sa teneur élevée en protéines. A l’inverse, l’azote soluble stimule la croissance du végétal. Il est important de noter qu’une plante ne peut croître et se défendre simultanément.

Une plante ayant grandi sans avoir préparer son organisme à se défendre contre des ravageurs/maladies présentera certainement des faiblesses lors de sa croissance.

Le paramagnétisme désigne le comportement d’un milieu matériel qui ne possède pas d’aimantation spontanée mais qui, sous l’effet d’un champ magnétique extérieur, acquiert une aimantation dirigée dans le même sens que ce champ d’excitation.

Illustration d’un échantillon paramagnétique en l’absence de champ magnétique.

Présence d’un champ magnétique fort 

Selon Patrick le paramagnétisme est un paramétre important pour l’absorption végétale des nutriments et l’atteinte du domaine de santé d’une plante.

Cependant nous n’avons pas  trouvé de publication scientifique à ce sujet. 

II - Traitements fongiques préventifs

Les maladies cryptogamiques (ou fongiques) résultent de la colonisation des plantes par des champignons qui pénètrent dans les tissus du végétal. Eric Petiot et Patrick Goater préconisent la décoction de prêle pour prévenir ce genre de maladie. Voici le détail de ses propriétés :

Rôle de la préparation de la décoction de prêle : en portant à ébullition 250 g de prêle fraîche dans 10 Litres d’eau pendant une demi-heure. En embouteillant à chaud, le produit se gardera un an.

La forte teneur en silice de la prêle (jusque 125 ppm par litre) permet une vitrification des cellules et les hyphes (ou filaments) des champignons vont avoir beaucoup plus de mal à pénétrer dans les tissus végétaux. Il est préconisé de réaliser 3 passages avec une semaine d’intervalle en aspersion foliaire dès la levée des graines.

Le cuivrol permet de booster la protéosynthèse entrainant la production de ses défenses naturelles. Cela permet aux plantes d’avoir plus de protéines pour se défendre.

III - Traitements de fonds préventifs en foliaire

Les traitements de fonds préventifs permettent de prévenir la ponte de ravageurs (carpocapse, mouche du poireau et de la carotte) ainsi que certaines maladies cryptogamiques.

 

Il renforce la densité foliaire, le système racinaire, les défenses naturelles de la plante, il apporte des micro-organismes, des vitamines, des oligo-éléments, des minéraux assimilables facilement par la plante.

Il renforce la floraison, la fructification et la cuticule foliaire (barrières mécaniques).

Le cuivrol permet de booster la protéosynthèse entrainant la production de ses défenses naturelles. Cela permet aux plantes d’avoir plus de protéines pour se défendre.

Le miel apporte des sucres et donc de l’énergie pour la plante ainsi que des vitamines pour la synthèse de ces défenses naturelles. De plus, le miel permet de créer une confusion sexuelle chez les ravageurs et de stopper les pontes.

Etape n°2 & 3 : La plantation / La récolte

Question/Réponse

qu'est-ce qu'une PNPP ?

Selon la loi d’avenir agricole d’octobre 2014, une Préparation Naturelle Peu Préoccupante (PNPP) doit être constituée exclusivement de substances de base  ou de substances naturelles à usage biostimulant.  Ces deux types de substances ne sont pas considérées comme produit phytopharmaceutique.

Afin d’imager la catégorisation nationale et européenne des différents produits de protection des plantes. Les PNPP sont classées dans les matières fertilisantes mais aussi en dessous des produits phytopharmaceutiques sans pour autant y appartenir.

Source : http://driaaf.ile-de-france.agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/Tableau_de_synthese_quel_produit_quel_usage_V4_cle41e5bc.pdf

capture produit

Dans cet article, nous vous présentons une petite proportion de PNPP (macération d’ail, décoction de prêle, extrait fermenté de consoude…). Leur utilisation tend à limiter ou remplacer les intrants chimiques (fertilisant, produit phytopharmaceutique…). Bien que leurs utilisations tendent vers un but commun, limiter la propagation de ravageur et  favoriser la croissance végétale, les PNPP sont cependant opposés aux produits phytopharmaceutiques chimiques de synthèse de par leur méthode de production , leurs composition chimique et leurs mode d’action. 

La question repose sur la législation encadrante les différentes substances de protection des plantes et plus précisément sur l’Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) de ces substances. 

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Notre septième étape est terminée ! Rendez-vous en Loire atlantique à Pannecé chez David & Irène pour découvrir un GAEC regroupant du maraîchage, de l'élevage de volaille et un paysan boulanger. Rendez vous au prochain article qui clôturera cette première grande aventure.