Les maraîchers du Vouan Les plants de demain

4 ème étape : Les maraîchers du Vouan

Comment et pourquoi ?

Pour rappel, notre souhait durant ce tour de France est de découvrir des modèles agricoles différents afin de s’en inspirer lors de la conception de notre modèle.

La ferme des maraîchers du Vouan nous a interpellé avec un modèle agricole biointensif sur très petite surface ! 

Nous voulions en savoir un peu plus, on a donc pris un billet pour la Haute-Savoie.

Bienvenue à Viuz-en-Sallaz !

“Ou en étions nous ”

A notre arrivée en Haute-Savoie, nous commencions à prendre contact avec des communautés d’agglomération, afin de sonder l’intérêt d’élu(e)s de nos départements pour une installation sur le territoire.

Nous lancions les premières prises vidéo de crowdfunding.

Aussi, nous étions en pleine rédaction de notre dossier de presse afin de candidater pour des articles dans des journaux spécialisés. Nous vous tiendrons informés de nos avancées sur ce dernier point !

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Les maraîchers du vouan

Quelques chiffres

  • 2 300 m² en maraîchage diversifié
  • 2 000 m² partagés pour les pommes de terre
  • 700 m² d’allées

Dans le mont préservé du Vouan, avec des températures allant de -17°C à 36 degrés à l’ombre. 

Exclusivement des variétés anciennes.

Anthony Depret

Originaire de Haute-Savoie, Anthony s’est lancé en maraîchage en Ardèche !

Après quelques années, il s’associe avec un ancien camarade de BPREA et crèé en 2015, le potager vivant des maraîchers du Vouan ! (Haute-Savoie)

Depuis, Anthony gère seul son activité, son associé ayant décidé de changer de voie.

Les inspirations d’Anthony dans la conception de son modèle sont : Jean Martin Fortier, Jean-Marie Lespinas ainsi que les travaux de Maraîchage sur Sol Vivant !

 

Description du lieu

Le terrain est situé au mont Vouan à 850 mètres d’altitude, entouré de frênes et de noisetiers. La terre est limono-sableuse à tendance acide.

Initialement une prairie, il a été nécessaire d’utiliser une fraise* afin de décompacter la sol et de briser les mottes de terre avant les premières plantations.

Le terrain est divisé en 230 planches de 10 m² (80 cm de long x 12,5 m de long) pour le maraîchage diversifié. Il possède sur ce terrain deux serres non-chauffées de 200 m² (8 x 25 mètres) exposées Est. Le terrain est en pente légère orientée Ouest-Est.

Il y a également une pépinière dotée d’un ventilateur chauffant permettant de lancer les plants à des températures autour de -17 °C !

* Une fraise est un outil rotatif avec un axe horizontal sur lequel des petites pâles coudées permettent d’aérer le sol. Dans le cas des maraîchers du vouan, cette décompaction s’est faite sur les 20 premiers centimètres du sol.

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L'interview d'Anthony Depret - Le maraîcher du vouan

Au travail !

Plus d'informations sur la préparation des zones de cultures

 

Lorsque l’ensemble des pieds de la culture précédente ont été enlevés de la planche, Anthony bâche sa planche durant 3-4 semaines ou sème de l’engrais vert*. Ceci permet de reposer la terre et de faire lever les graines en dormance.

*Pour plus d’informations sur l’engrais vert, nous détaillons sa fonction dans l’article de la Ferme du Beauvoyer.

 

Les différentes étapes de préparation du sol : 

  1. Sarcloir
  2. Grelinette
  3. Fertilisation organique (compost de déchets verts et fumier de vaches)
  4. Paillage
  5. Semis / Plantation

Dans le cas de légumes à croissance lente comme les carottes, Anthony bâche sa planche après la fertilisation organique afin de booster la levée des graines en dormance du sol une nouvelle fois, c’est ce qu’on appelle le faux-semis (se référer à l’article de la ferme de la mare des rufaux pour plus d’informations).

Focus sur la  fertilisation organique des maraîchers du Vouan

Comme énoncé dans la vidéo, avant les semis ou les plantations, il y a un apport de compost de déchets verts mélangé à du fumier de vaches puis de BRF (Bois Raméal Fragmenté).

Pour l’ensemble de sa surface, Anthony utilise 1 tonne/an de fertilisant organique (compost + fumier). Aucune analyse de sol n’a été effectuée sur son terrain cependant sa localisation et l’absence d’activité agricole chimique aux alentours assurent, tout de même, une préservation de l’équilibre chimique du sol.

Ce processus de fertilisation organique est réalisé à chaque lancement de nouvelle culture sauf dans le cas des haricots et oignons qui n’apprécient pas les terres trop riches pour se développer.

Le compost de déchets verts est fourni gratuitement par un voisin paysagiste qui le laissent maturer deux années.

Mélange de déjections de vaches et de litière généralement de la paille . Il est fourni par une voisine agricultrice qui le composte durant 6-12 mois en le retournant 3 fois (pour homogénéiser le mélange). En échange, Anthony lui apporte un demi panier soit un équivalent de 380 €/an.

Ce sont les jeunes rameaux d’arbres et arbustes feuillus broyés qui sont utilisés pour confectionner du BRF. Il est ensuite étalé sur les planches de cultures tous les 4-5 ans. 

Pourquoi utiliser du BRF ?

Le BRF est un matériau assez complexe à dégrader, sa structure moléculaire lui permet d’être rigide et imperméable à l’eau. Cependant, certains champignons sont capables de le digérer et c’est à ce moment que cela devient intéressant !

Les champignons sont les précurseurs de la transformation de la matière organique en humus, matière primordiale caractérisant un sol fertile. Les enzymes digestives produites par les champignons lors de la dégradation du BRF ont des propriétés anti-biotiques contre les parasites et certaines maladies. Aussi, il permet d’augmenter la capacité de rétention d’eau du sol et lui confère des caractéristiques physiques structurantes limitant son érosion.

Il semblerait que l’apparition des ces champignons expliquent en partie l’arrêt de l’accumulation du carbone dans le sol sous forme de charbon (fossilisation). [Source :  INRA]

Focus sur l’adaptation des plants d’Anthony à son terroir

Les Hommes, la variété et le terroir !

Il est possible de rendre les variétés utilisées plus résistantes aux maladies, au stress hydrique et aux parasites. 

Anthony utilise uniquement des variétés anciennes et réalise une sélection des plants les plus résistants sur lesquels il récupère les graines. Les critères de sélection sont multiples : le goût, la vigueur du pied, sa productivité ainsi que sa capacité au cours de son cycle de vie à résister aux maladies. Sur 3 générations, il a ainsi pu entretenir un patrimoine génétique qui s’est adapté aux spécificités de sa terre et du climat du mont du Vouan. Un bel exemple de l’adaptation d’un être-vivant aux pressions de sélection de son environnement !

Variétés anciennes ou semences paysannes, ces deux termes font références au même type de semences.

Pour rappel, les croisements entre variétés existent depuis toujours. L’agriculteur a toujours travaillé sur le croisement de ses semences. Le but était de croiser deux individus de lignée pure, A et B afin d’obtenir un individu F1 (F1 = issu de la 1 ère fécondation) exprimant les meilleurs atouts génétiques des deux individus parents : atout de résistance, de couleur, de goût, etc..

De la même manière, cet individu F1 est planté et se reproduira avec les autres individus F1 pour donner une nouvelle génération F2 (F2 = issu de la deuxième fécondation).

A chaque nouvelle fécondation, l’agriculteur élimine les individus ne présentant pas les caractères génétiques voulus justifiant initialement le croisement. Il récupère uniquement les semences des individus qui l’intéressent.

Avant d’avoir une une population d’individu stable, il faut jusque 10 générations (F10 = issu de la 10e génération), soit attendre 10 années.

Cette population issue de sélection successives est longue mais permet d’avoir des semences de qualité, stables et adaptées à un territoire, voilà ce que sont les semences paysannes.

Avez-vous déjà entendu parler des semences hybrides F1 ? Pour plus d’informations

Ci-dessous, un autre agriculteur qui développe dans l’Hérault, une banque de semences paysannes adaptée à son terroir.

Questions/Réponses

Les semences / plants :

Es-tu autonome en semence ?

Je ne suis pas autonome en semence mais cela ne fait pas partie des mes objectifs. Actuellement, je produis un tiers des semences que j’utilise. Les deux tiers restants proviennent soit de semenciers paysans ou bien de la Maison des Semences paysannes de Haute-Savoie*. Pour ce qui est des plants, Anthony réalise la quasi-totalité de ses plants. Il achète ses bulbes oignons, les plants de basilic et quelques salades.

*Le rôle de la maison de la semence de la Haute-Savoie est de construire et organiser des dynamiques collectives et des actions de terrain autour des semences paysannes (réseau d’échanges de semences, partage de savoir-faire, sélection et conservation de variétés locales…).

Pourquoi ne pas produire toutes ses semences ?

Avec mon activité, les semences ne représentent pas un poste de dépense important. Je ne réaliserai pas d’économie substantielle en produisant moi-même toutes mes semences. Aussi, le temps qu’il faut allouer à la sélection, le tri, le séchage des semences est conséquent. Dans mon cas, il ne serait pas intéressant de passer plus de temps sur ces tâches, j’ai déjà bien à faire sur mes au champ !

Quels types de problèmes rencontres-tu avec tes serres ?

Je rencontre des problèmes de points chauds dans mes serres. L’air chaud a tendance à stagner dans le haut de la serre. Les conditions de chaleur couplées à une humidité assez élevée favorisent le développement de l’oidium et du mildiou (maladies cryptogamiques = causées par des champignons). Ceci peut s’expliquer par le manque de renouvellement d’air dans cette partie des serres.

Pour pallier à cela, je laisse généralement chauffer les serres à la belle saison jusque 9h-10h, le temps que l’air ambiant de la serre monte en température et j’ouvre. Cela permet de créer un appel d’air et d’éliminer ce problème d’air stagnant. Les ouvertures latérales sur l’une de mes serres me permettent aussi de résoudre ce problème.

Autres tâches

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L’échalote ça nous botte

notre caravane tout option

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Tournage vidéo présentation, comme à Hollywood

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c'est se qu'on appel avoir la langue bien pendue

Notre fidèle compagnon Django

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On remplace Jul par JM

On remplace Jul par JM le temps d'une journée

Notre quatrième étape est terminée ! Rendez-vous en Provence Alpes Côte d'Azur, plus précisément à Saint-Jeannet pour découvrir une ferme basant sont modèle sur l'écotourisme !