- Les plants de demain Les plants de demain

6 ème étape : Les plaisirs du jardin

Comment et pourquoi ?

Ayant pour projet de s’installer en Ile-de-France, nous étions désireux d’effectuer au moins deux étapes de notre tour de France dans notre région natale. d’une part pour développer notre réseau mais aussi se familiariser avec le type de terre et le climat.

 Dans un premier temps nous avons contacté la Rivoise, une exploitation pratiquant une agriculture raisonnée. Malheureusement, ils ne cherchaient pas de saisonniers, ils nous ont donc orienté vers l’un de leurs voisins, les plaisirs du jardin.

Nous avons donc pris contact avec le gérant de cette installation qui nous a convié pour un entretien. Suite à un cet entretien basé sur l’échange, nous étions envieux de découvrir une structure de cette taille avec un modèle de fonctionnement relativement normalisé. C’est à partir de là que commence notre 6 ème étape aux plaisirs du jardin

“Ou en étions nous ”

Après notre étape à Saint-Jeannet, nous étions de retour en région parisienne pour un mois. Nous savions que cette étape ne serait pas comme les autres, de par le contrat en CDD qui nous liait aux « Plaisirs du jardin ».

Cette étape a donc été pour nous, notre premier emploi « officiel » en agriculture. En parallèle du travail quotidien aux champs nous devions lancer notre crowdfunding, communiquer autour de cette levée de fond, visiter notre futur lieu de formation (le BPREA de Bougainville) et continuer les tâches de rédaction d’article. 

carte localisation plaisir du jardin

La Ferme du Beauvoyer

Quelques chiffres

  • 1,5 ha serres
  • 1 ha de verger (pomme, poire, fruits rouges)
  • 8,5 ha de plein champ
  • 3 personnes pour la préparation des paniers de légume
  • 2 personnes pour les récoltes
  • 4 personnes pour les plantations et éventuellement les récoltes 
  • 1 chef de culture (préparation du sol pour les planches de culture)

La majorité des ventes de fruits et légumes passe par des réseaux d’AMAP ou de confection de paniers sur mesure via le site internet des Plaisirs du jardin. Une vente à la ferme est aussi réalisé chaque vendredi 

Alain Crochot

Monsieur Crochot fut l’un des pionniers dans le secteur du maraîchage bio en vente directe. Il y a onze ans il relève le pari de se lancer dans ce secteur qui le passionne et le tient à cœur depuis des années. Responsable d’une société en voirie et réseaux divers (VRD) il rachète une entreprise d’espaces verts et propose à ses employés une reconversion en production légumière diversifiée. la création des plaisirs du jardin soutenu par un noyau dur d’AMAPIEN lui a permis de conserver l’ensemble de son effectif tout en s’agrandissant d’année en année.  

Description du lieu

Ce qui est particulièrement intéressant sur le terrain des Plaisirs du jardin, c’est son hétérogénéité en type de sol. Il y a en effet 4 typologies différentes de sol, ceci a un impact sur la manière de le travailler et sur son assolement*.

Cette terre garde bien l’humidité en profondeur mais sèche assez vite en surface. Lors des printemps pluvieux, le travail du sol y est compliqué en raison de la structure assez compacte de l’argile profonde humide. Le passage du tracteur sur des terres compactes et humides chasse une quantité importante d’air rendant une partie du sol sans oxygène indispensable à la vie du sol. Sur ce sol la plantation de carottes demande plus de travail à la récolte pour les sortir de terre. Leurs calibres sur ces parcelles est généralement plus petits en raison de leur plus grande difficulté à pénétrer le sol.

Une autre partie des terres est majoritairement sableuse. En raison de sa forte macroporosité et donc d’une densité plus faible, c’est le type de sol qui se réchauffe le plus vite (l’inverse est aussi vrai). Ce type de terre est particulièrement drainant, cette terre nécessite en moyenne 2 fois plus d’arrosage et d’amendement en compost que les autres parcelles du terrain. Avec ce type de sol, les légumes particulièrement gourmands comme les choux et les pommes de terre ne donnent pas de bons résultats.

Un morceau de la parcelle présente une plus forte teneur en argile, c’est la terre la moins simple à cultiver. Il y a une très forte rétention d’eau limitant son travail par période pluvieuse. A l’inverse, lorsque la terre s’assèche, les mottes d’argiles sont importantes et la plantation est plus ardue.

Le dernier type de terre présent sur la parcelle des Plaisirs du jardin est plus équilibré en argile, limon et sable. Cette terre présente des propriétés de rétention en eau plus intéressantes que les autres avec peu de périodes d’engorgement et de sécheresse. Avec une terre aussi équilibrée, le travail du sol ainsi que l’assolement sont plus simples à gérer.

*Assolement : répartition des types de cultures sur les parcelles d’une installation agricole dans le temps.

Interview

Au travail !

Voici un descriptif du travail réalisé de la préparation de la planche, de la plantation ainsi que de la récolte aux Plaisirs du Jardin.

Etape n°1 : Préparation des zones de cultures

Maxime, le chef de culture des Plaisirs du jardin, utilise 4 outils différents attelés au tracteur pour la préparation des planches avant plantation.

En plein champ

En fonction de l’urgence de plantation de certaines cultures, certaines étapes peuvent être supprimées notamment les étapes de passage du rotobêche et du faux-semis.

A l’aide d’un broyeur à marteau, les restes de fin de cultures sont entièrement broyés pour faciliter leur future assimilation par la micro-faune du sol.

C’est la première action de vrai travail de sol après le broyage. Le rotobêche est une alternative à la charrue pour le travail du sol*. Le rotobêche permet de travailler sur des sols humides car il ne nécessite pas de traction. Généralement, avec des charrues le tracteur est lesté pour compenser la résistance de la charrue dans des sols compacts, ce n’est pas le cas ici.

Grâce à une rangée de bielles, les bêches effectuent des découpes de sols verticales allant jusque 25 cm de profondeur. Aux Plaisirs du jardin, ce travail est effectué sur les 10 premiers centimètres du sol. Ces tranches de sols sont projetées sur une herse permettant de les émietter.

*La charrue est réputée pour former ce qu’on appelle « une semelle de labour », c’est une couche lisse en profondeur empêchant les racines des végétaux de pénétrer dans les couches profondes du sol. L’autre désavantage de la charrue par rapport au rotobêche est qu’il retourne les couches du sol. Les désavantages du mélange des couches de sol sont expliqués dans l’article de la ferme du Beauvoyer.

Le canadien est un cultivateur permettant de décompacter le sol sur une vingtaine de centimètres grâce des dents fixes ou semi-flexibles. Ce cultivateur est attelé à l’arrière du tracteur. Derrière les dents, il est généralement installé une herse permettant d’affiner les mottes plus encore que le rotobêche.

L’épandeur à compost permet de répartir uniformément la bonne dose de compost mélangé à un mélange en granule de fientes de volailles sur la planche. Cet outil est également attelé à l’arrière du tracteur.

Comme il l’a été souvent évoqué dans nos articles, le désherbage est l’une des tâches que le maraîcher se doit de maîtriser. Pour gérer l’enherbement de sa parcelle, il est possible d’effectuer un désherbage manuelle ou avec une binette.

Comme beaucoup d’installations en maraîchage, les Plaisirs du jardin utilisent la technique du faux-semis consistant à faire lever les graines d’adventices avant les semis/plantations. Pour cela, la planche sur laquelle est réalisé le faux-semis est couverte par un voile, améliorant les conditions d’humidité et de chaleur. Ceci accélère la germination des adventices.

En épuisant partiellement le sol en adventices en amont des cultures, le désherbage durant la phase de culture sera bien moins important.

Le cultirateau est le dernier outil utilisé pour la préparation du sol d’une planche. Il regroupe trois outils en un : Des disques latéraux permettant de former la butte, un cylindre sur axe horizontale avec des pâles affinant les premiers centimètres du sol et un rouleau pour aplanir la butte et faciliter la plantation.

Dans les tunnels

Dans les serres, le processus de préparation des planches est différent car le sol est moins sujet à l’évapotranspiration et est généralement moins sec et compacté qu’en plein champ. Ceci s’explique par de meilleures conditions humidité/chaleur mieux maîtrisées dans cet espace plus confiné.

Les étapes de préparation du sol en serre :

  • Broyer les restes de fin de culture
  • Amender la planche
  • Passer le rotobêche

Avant chaque culture d’été est passé le cultivateur « canadien ». Ce travail est donc réalisé une fois par an. Car les cultures d’hiver (salades, radis, mâches, épinards) n’ont pas tellement besoin de profondeur à l’inverse des légumes/fruits d’été.

Etape n°2 & 3 : La plantation / La récolte

Questions/Réponses

Quels types de serres avez-vous ? Pourquoi avoir choisi ces modèles ?

Pour les cultures, nous avons trois types de serres sur notre installation.

Nous avons des tunnels multi-chapelles, ce sont des ensembles de serres simples communicantes reliées entre elles par des chéneaux (hauteur : 3.90 m, largeur : 12 tunnels de 8 m, longueur : 30 m). Ces types de serres sont très intéressants car la répartition de la température y est beaucoup plus homogène en raison du plus grand volume d’air présent dans la structure. Ceci évite des montées en température trop rapide rendant le milieu asphyxiant pour les plantes. C’est l’inverse en hiver, les multi-chapelles se réchauffent moins vite. Ceci a un impact direct sur les cultures choisies pour ces serres et c’est généralement les choux, les radis et les salades qui les occupent en période hivernale.

Nous avons aussi des serres simples de taille intermédiaire (largeur : 8 m ; hauteur : 3 m; longueur : 30 m). À l’inverse des multi-chapelles dont les arceaux sont enterrés, ces serres sont posées au sol et les bâches sont enterrées. Ceci a largement facilité l’installation et nous n’avons eu aucun problème particulier lié à cet ancrage plus léger. Ces serres plus petites que les multi-chapelles présentent un réchauffement de l’air plus rapide. À ce propos, les cultures de tomates ne sont plus effectuées dans ces serres en raison d’un trop fort développement du mildiou (champignon affectant la productivité des plants de tomates). L’humidité trop importante causée par ce réchauffement accéléré favorise grandement le développement de ce champignon.

Ces serres sont pourvues de bâches thermiques permettant de retenir une partie des rayonnements infra-rouge réémis par le sol et donc de conserver plus longtemps la chaleur emmagasinée le jour dans la serre.

 

Enfin, nous avons des serres plus petites avec une capacité de réchauffement beaucoup plus élevée. Sur notre installation, il est intéressant d’avoir plusieurs types de serres afin de disposer d’espaces de cultures avec des microclimats différents. Nos bâches ont été installées en lait ce qui est assez fastidieux pour aérer les serres. Conseil : Privilégier des grandes ouvertures horizontales.

Autres tâches

reprisedevolée_lesplantsdedemain

Le Zlatan de la plantation

breakdance_lesplantsdedemain

free style

Dansleschoux_lesplantsdedemain

Dans les choux

réal_lesplansdedemain

Prise de vue humide

responsablequalité_lesplantsdedemain

Responsable qualité

Repasdeluxe_lesplantsdedemain

La cantine grand luxe

Le duo de choc

P1060588 REDIM

Notre sixième étape est terminée ! Rendez-vous dans les Côtes-d'Armor chez Purin d'Ortie et Cie, producteur d'extraits fermentés inspirés des travaux d'Eric Petio