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3 ème étape : La Ferme du Beauvoyer

Comment et pourquoi ?

À la recherche d’une ferme en Île-de-France, nous avons eu connaissance de la ferme du Beauvoyer par le biais de sa campagne « Arbre d’Avenir », concours créé et financé par la plateforme Blue Bees https://bluebees.fr/fr/arbresdavenir2016.

Blue Bees est un organisme de financement participatif visant à promouvoir une agriculture et une alimentation durable . Pour plus d’informations https://bluebees.fr/fr/

Cette étape est l’occasion de découvrir une ferme cogérée par Sarah et Christian Lecoq, fille et père avec un modèle associant maraîchage et grande culture.

“Ou en étions nous ”

Le dépaysement fut total, fin février nous quittons notre seconde étape dans les Pyrénées Ariégeoises pour rentrer en région parisienne, avec un ordinateur en moins et une grippe pour Antonin. 

Trépied sous le bras et caméra au point, nous arrivons le 2 mars à la ferme du Beauvoyer (Rosny sur seine) avec l’envie de découvrir un nouveau modèle agricole et de relayer notre quotidien par l’intermédiaire de vidéos. 

 

lesplantsdedemain ferme beauvoyer

La Ferme du Beauvoyer

Quelques chiffres

  •  105 ha de grandes cultures (maïs, blé, orge …), jachère comprise
  • 2 ha de champ d’asperge
  • 1,5 ha de champ en maraîchage diversifié
  • 0,18 ha de serre en maraîchage diversifié
  • 0,12 ha de serre en production de fraise (hors sols)
  • Boutique (produit de la ferme et Achat-revente)
  • Paniers de légumes (15-20 par semaine)

Cette démarche permettra de renforcer la structure du sol tout en limitant le ruissellement des eaux de pluie. D’un point de vue environnemental Sarah espère aussi constituer un microclimat sur sa parcelle et recréer une niche écologique pour certaines espèces (buses, hiboux, chouettes… ).

Sarah Lecoq

Après dix ans de carrière en tant qu’employée fleuriste sur la commune de Mantes-la-Jolie, Sarah Lecoq rejoint son père en 2011 sur la ferme du Beauvoyer. Ce changement d’activité ne s’est pas fait du jour au lendemain, avant le rachat d’une partie de la ferme, elle a fait le choix de se former en intégrant un BPREA, maraîchage Biologique, au CFPPA de Bougainville. En vue du futur départ à la retraite de son père, son objectif est d’assurer la reprise de l’ensemble de la parcelle , tout en intégrant des techniques culturales respectueuses de l’environnement. 

 

Description du lieu

La majorité des tâches réalisées lors de nos 3 semaines de stage, se sont concentrées sur une partie bien précise de la ferme. Cette parcelle se situe dans la vallée alluviale de la Seine, entre l’A13 et la forêt de Rosny-sur-Seine. D’une surface de 30 ha, elle repose sur des sols limono-sableux avec des pointes d’argile allant jusqu’à 14%.  

Sarah est en charge de la partie maraîchage diversifié, cet atelier de production comprend une serre avec six tunnels, un champ ainsi qu’un point de vente sur site.

Les espaces de culture en maraîchage diversifié se situent au pied d’un terrain avec une forte pente, appartenant à un voisin, agriculteur en conventionnel. Le ruissellement des eaux de pluie ont donc tendance à créer un phénomène d’érosion des sols.

Les cultures d’asperge et de fraise sont quant à elles cogérées avec son père et toute la famille Lecoq. 

 

Au travail !

Cette vidéo est  l’occasion de mettre en images le travail que nous avons réalisé lors de nos trois semaines de stage au sein de la ferme du Beauvoyer. L’ensemble des tâches abordées dans cette vidéo est détaillé dans les parties ci-dessous. 

Préparation des zones de cultures

À notre arrivée, l’hiver s’achève tout juste, les choux et les carottes se font rares dans les champs, idem pour la salade, la roquette et la mâche sous les serres. Nous avons donc, dans un premier temps, effectué les dernières récoltes avant d’enchaîner sur un travail du sol pour préparer l’arrivée des prochaines cultures de printemps et d’été.

N’ayant pas une forte demande en légume d’hiver, Sarah a fait le choix de ne pas cultiver l’ensemble de ses parcelles. De plus, par souci de temps aucun engrais vert n’a été semé sur les parcelles en friche.

L’engrais vert est une plante ou une association de plante semée dans le but d’améliorer certaine caractéristiques physiques (structure et couvre) et chimique (apport nutritionnel) du sol. Dans notre cas l’engrais vert aurait pu être semé avant ou après la culture principale, en tant que culture « dérobée » dans le but de lutter ou du moins maîtriser le développement des adventices.

 Espèces intéressantes contre les adventices

Cultiver une espèce voisine de l’espèce présente

Sous la serre, le sol de certains tunnels n’avait pas été travaillé avant l’hiver induisant une croissance non maîtrisée des adventices et un tassement du sol. Dans un second temps, nous avons donc réalisé un travail de désherbage à la main, tout en décompactant le sol à l’aide de la grelinette. Contrairement à notre première étape à la ferme de la mare des Rufaux, ces deux tâches ont été complétées par le passage d’un outil mécanique appelé Rotavator. 

Dans le sol, ce sont les bactéries et les champignons qui dégradent la matière organique fraîche (feuilles, broyat de bois, paille) afin de la rendre assimilable par les plantes. Pour que cette dégradation ait lieu, ils puisent dans les réserves d’azote minéral du sol (fraction d’azote que les plantes utilisent pour leur croissance). La faim d’azote est le phénomène qui décrit la carence en azote minéral du sol, limitant le développement des plantes.

Dans notre cas, si les adventices (matière organique fraîche) étaient laissés à la surface du sol, ils seraient dégradés en premier lieu par la microfaune puis par les bactéries/champignons. Ceci appauvrirait le sol en azote minéral, indispensable aux plantes en ce début de belle saison.

Nous ramassons donc tous ces adventices afin de limiter ce phénomène.

Le sol est constitué de plusieurs couches. Et chacune des couches abrite une faune spécifique (le nombre d’être-vivants diminue avec la profondeur du sol). Des collemboles, aux acariens en passant par les fourmis et les vers de terre, le sol abrite de nombreuses espèces qui participent activement à la vie du sol. En mélangeant ces différentes strates, un déséquilibre du sol est inévitable et c’est d’ailleurs ce qui est reproché au travail du sol par le labour.

En France, Lydia et Claude Bourguignon font partie des fervents défenseurs de la biodiversité des sols.

Le compost est le résultat de la décomposition, par la faune du sol, de matière organique (bio-déchets, feuillage, troncs). La matière ainsi décomposée est assimilable par les plantes. Le compost est utilisé pour enrichir un sol avant les plantations afin de créer un environnement propice à leur développement. L’apport en compost entraîne une prolifération d’une faune et d’une flore structurant le sol en plus d’augmenter son volume.

Mise en terre

Nous avons poursuivi avec la préparation des semis. Cette production de plants au sein de la ferme vient en complément d’une partie achetée auprès d’une pépinière bio de la région.

Les graines sont disposées dans une plaque multicellules. Chaque alvéole est ensemencée par une seule ou quelques graines en fonction de leur grosseur et de la demande nutritionnelle du futur plant (tomate, poivron, courge…).  Le substrat utilisé pour la réalisation de ces semis est un mélange de compost tamisé finement et d’un terreau destiné aux fraises hors-sol (50-50), ce mélange est humidifié initialement.

Les pommes de terre sélectionnées pour la mise en pots sont issues de la récolte de l’année précédente. Elles ont été conservées à l’abri de la lumière et à l’abri du gel avant la période de plantation. Quelques semaines avant de planter, les pommes de terre sont mises dans un endroit éclairé sans lumière directe pour lancer la germination.

Mise en Jauge

 Gagnante du concours « Arbres d’avenir » Sarah a pu investir dans un grand plan de reboisement de la ferme. Cette initiative permettra de retenir les sols tout en améliorant la gestion de l’eau et de la chaleur sur la partie maraîchage 

Suite à une première campagne de plantation, tout autour de la parcelle, l’emplacement de deux cents arbres restait encore à définir. Afin de les préserver des intempéries et du froid hivernal, nous avons décidé d’effectuer une mise en jauge. Elle permet aux arbres de végéter quelques semaines en attendant leur lieu d’implantation définitif.

Dans une tranchée de 40 cm, nous avons densifié au maximum la rangée d’arbres afin de limiter leur développement racinaire. Nous avons comblé la tranchée avec une terre sableuse (plus facile à déraciner). Pour finir, nous avons disposé une couche de broyat de bois pour limiter l’enherbement et préserver la température du sol. 

Questions/Réponses

Disposes-tu du label Agriculture Biologique ?

Les premières années suivant mon installation

« Un an avant mon installation, j’ai lancé ma demande de certification en Agriculture Biologique auprès d’Ecocert, je l’ai obtenu deux ans après mon installation, en 2013. Au-dessus de ma parcelle en maraîchage se trouve un terrain agricole géré en conventionnel avec une forte pente. »

Le sinistre

« Suite à une campagne d’épandage de désherbant à maïs sur la parcelle agricole voisine, suivie de deux jours d’intempéries intenses (44 – 48 mm de précipitations), un phénomène de glissement de terrain s’est produit. Mes champs ainsi que mes 6 tunnels se sont retrouvés recouverts de 15 à 20 cm de limon, et graviers. Cela a causé une perte sèche de 2000 pieds de courges, tomates ainsi que la destruction de mon système d’irrigation. En voulant replanter quelques jours après le sinistre je me suis rendu compte que mes nouveaux pieds de tomates avaient changé de couleur passant du vert au jaune fluo. »

Intervention de l’organisme certificateur

« En tant qu’agricultrice responsable en Bio j’ai donc contacté mon organisme certificateur pour le tenir informé du problème que je rencontrais et pour effectuer des analyses de sol sur ma parcelle.  Un expert d’Ecocert s’est déplacé pour me rencontrer sans pour autant accepter de faire de prélèvement. Ecocert m’a simplement fourni une conclusion d’expertise (sans analyse) affirmant qu’il s’agissait d’un phénomène d’asphyxie des racines, induit par un lessivage du sol. »

Une décision forte de sens 

« J’estime que l’organisme de contrôle ne jouait pas le jeu et ne voulait pas entendre qu’il y avait eu une pollution de mes sols. j’ai donc pris la décision de rompre le contrat avec AB. Pour que cet événement ne se reproduise pas, nous avons donc creusé une tranchée entre les deux terrains. » 

Quels types de problèmes rencontres-tu avec tes serres ?

« Nous disposons d’une serre multi-tunnels (6 chapelles), avec des ouvertures latérales. La répartition de la chaleur n’est pas homogène sur l’ensemble des tunnels lorsque les pieds de tomates montent à 2 mètres de haut et empêchent le passage de l’air dans l’ensemble de la serre . Le point chaud se situe donc en son centre, là où les solanacées sont cultivées. »

« La solution serait donc de faire courir au sol les pieds de tomates cependant d’autres problèmes comme l’humidité ou les ravageurs rentreraient en jeu. »

« L’eau de pluie a tendance à s’écouler aux mêmes endroits et peut stagner en période de forte précipitation, réduisant l’espace de culture. »

Comment gères-tu tes ravageurs et plus précisément l'invasion de limaces ?

«Lorsque la pression n’est pas trop forte, j’effectue un ramassage à la main des zones touchées. Je m’interdis d’utiliser le phosphate ferrique (Sluxx antilimace), sur mes plants de salade, je trouve que cela dénature leur gout.

Cependant les limaces prennent un malin plaisir d’étêter mes plants de poivron en culture sur paille, je m’accorde donc une exception pour l’utilisation du Sluxx. 

Les rongeurs sont des ravageurs terribles ! Pour traiter le problème, nous disposons des solutions limitées et locales (pièges, chat …), j’espère donc que l’implantation d’arbres sur la ferme permettra le retour de ses prédateurs. »

Autres tâches

Préparation des paniers

récompenses crowdfunding

Bernard le canard

Repiquage des plants de salades

Rangement cabane du chasseur

Mise en terre des fraisiers

Education canine

Travail nocturne

Rédaction des articles

Préparation des stocks de la boutique

L’équipe de choc

Notre troisième étape est terminée ! Rendez-vous en Haute-Savoie, plus précisément au Mont Vouan pour découvrir un maraîcher expérimenté sur très petite surface!